ITW n°2

INTERVIEW BY LES LIVRES EN FOLIES

Bonjour Benjamin et Caroline, 

Merci beaucoup d’avoir accepté de répondre à cette interview pour Les Livres en Folies.

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Benjamin : Honneur aux dames, je vais donc présenter ma soeur Caroline , en quelques mots :

Brillante, drôle, élégante, humaine, généreuse et accessoirement talentueuse.

Caroline : Et donc mon frère Benjamin :

Brillant, drôle , élégant, humain, généreux et accessoirement talentueux.

 Vous avez écrit à quatre mains, avez-vous rencontré quelques difficultés à vous entendre durant la rédaction du livre ?

Caroline : Je pense que l’on peut dire que c’était surtout les moments où notre complicité à eu le plus d’utilité et d’occasion de se libérer totalement. l’écriture c’est le moment où l’on ne peut plus ne pas être d’accord, parce que tout à été défini, précisé, affiné. La seule chose tolérée quand on écrit, c’est l’obligation d’épater l’autre. C’est notre défi et la plus grande source de motivation de ces moments là. 

Benjamin : Partant du principe que j’ai toujours  raison mais que Caroline aussi ça a été difficile de trancher certaines décisions 🙂 Mais au final, j’ai toujours écouté ma grande soeur, parce qu’elle a un revers très dissuasif.

Parmi les différents personnages présents dans « 96 La sixième corde », lequel préférez-vous ? Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Caroline: Alors là pour le coup, le deal entre Benjamin et moi  était très clair. Il était hors de question de proposer un traitement inégal de l’intérêt apporté aux personnages. Il est évident que comme nous sommes dans la tête d’Arnaud, c’est celui dont on apprend le plus de choses, mais pour le reste, toutes les trames ont été tissées dans le moindre détail pour chaque intervenant que l’on croise. Simplement il n’était pas facile de tout lisser parfaitement sur un tome (comme un temps de parole à la télé), alors les équilibres se font sur l’ensemble du diptyque. Mais ce qui est sûr c’est que même les personnages « très » secondaires ont été travaillé en profondeur et qu’aucun n’a été esquissé à la va vite pour incarner tel ou tel archétype dont nous aurions pu avoir besoin. Comme le filtre continu de ce livre est constitué de l’état d’être d’Arnaud et bien il y a 90 % des informations que nous avons pensé pour ces personnages secondaires auquel le lecteur n’a pas accès, mais on donne toujours des clés de compréhension de telle ou telle réaction. C’est au lecteur de faire fonctionner son cerveau, comme dans la vraie vie.

Benjamin : C’est le propre du parti pris de notre écriture en immersion totale. Dans la vie aucun narrateur n’est là pour vous expliquer pourquoi l’homme devant vous à la caisse est imbuvable avec l’hôtesse, mais en le regardant et en l’écoutant vous vous faites quand même une idée de pourquoi il pourrait en être là dans sa vie. Notre promesse, c’est d’offrir toutes les clés de compréhension au lecteur, mais c’est à lui de cocher les cases de ce qu’il a compris ou non. Pour moi le propre même de l’intelligence humaine ce n’est pas de tout comprendre, mais bien de savoir être plus grand que soi même et de percevoir qu’à un moment une réponse vous échappe. En somme de savoir quand l’on ne comprend pas quelque chose. C’est toute la différence qu’il peut y avoir entre aimer quelque chose (ce qui est à la portée d’un singe), et comprendre les choses. Rien ne m’amuse plus que de découvrir quelque chose que je ne comprends pas et donc d’investiguer pour grandir. On espère que certaines lectrices auront aussi cette démarche.

 Caroline : Sachant que le jeu que l’on propose, c’est de devenir quelqu’un d’autre que soi même, et surtout pour une lectrice, de devenir un homme, un vrai, et pas un avatar de la projection de ce que les femmes pensent que les hommes sont.

Vous êtes vous inspiré de vos entourages pour créer ce livre ? 

Caroline : Absolument pas, et toute personne qui se verrait dans l’envie de nous réclamer des royalties se verra répondre que si ressemblance il y a, ce n’est que pur hasard.

Benjamin : Franchement la vérité des faits et des personnages ne doit pas excéder .. euh 100 % pas plus, promis.

Pourquoi avoir choisi deux tomes ? Combien de temps avez-vous pris pour les écrire ?

Benjamin : Nous avons mis six mois au total pour tout écrire, et nous avons choisi deux tomes parce qu’il était impossible de résoudre les intrigues en un.

Caroline : Respecter tous les personnages induisait de leur accorder du temps. Deux tomes étaient un minimum pour parvenir à nos fins. Le seul problème que l’on rencontre, c’est que les beta lectrices du tome 2 nous interdisent de ne nous arrêter là.

Benjamin : Mais on a beaucoup d’autres livres à écrire, d’autre personnages à vous présenter. Alors cela sera deux tomes et pas un de plus ! Sauf si l’on dépasse les 10 millions de ventes et que l’on s’oblige à vous faire plaisir une dernière fois.

Un dernier petit mot ? 

Caroline : Pourquoi un dernier mot ? Ce n’est que le début.

Benjamin : To be continued !